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François DESEILLE décrypte BAYROU

François Bayrou, le patron du MoDem, a publié un livre intitulé 2012, état d’urgence (Plon, 15 ), que François Deseille, leader du parti centriste en Côte-d’Or, analyse.

TROISIÈME HOMME en 2007 derrière Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, François Bayrou patine dans les sondages. À quelques mois de l’élection présidentielle, la seule qui compte réellement à ses yeux, le député des Pyrénées-Atlantiques a publié un livre où il évoque la situation de la France. Il y a deux ans, François Bayrou avait flingué Nicolas Sarkozy dans un pamphlet intitulé Abus de pouvoir (Plon).

 

Cette fois-ci, le Béarnais, qui prend toujours la peine d’asticoter le chef de l’État, préfère évoquer les solutions pour sortir de la crise. « Dans son livre qu’il a lui-même écrit – à l’inverse de beaucoup de politiques qui utilisent un « nègre » – François Bayrou met l’accent sur deux thèmes essentiels : produire et instruire », résume François Deseille. « De plus, il met l’accent sur l’absolue nécessité de se rassembler pour réformer la France et sortir au plus vite du traditionnel clivage gauche droite qui paralyse la France depuis des décennies. » Le Béarnais, qui est à ranger parmi les Européens convaincus, évoque d’ailleurs la situation de l’Allemagne, qui est avec la France le leader de l’Union européenne. « En 2004, l’Allemagne était dans une situation aussi grave que la nôtre », rappelle François Deseille. «  Le chancelier social-démocrate (ndlr : Gerard Schröder) avait fait adopter contre la gauche de sa majorité des réformes courageuses. Cinq ans plus tard, le redressement est spectaculaire. En 2011, le commerce extérieur allemand enregistre près de 200 milliards d’euros de bénéfices, contre un déficit de 75 milliards d’euros en France! »


 

Pour le leader du parti centriste en Côte-d’Or, la France doit s’inspirer de ce qui a été réalisé outre-Rhin, et de préférence en appliquant les méthodes du bon docteur Bayrou. « La France doit adopter la même stratégie politique et pour cela, comme en Allemagne, une majorité centre droit – centre gauche doit porter cette politique. Il faut à la France une majorité du courage, la seule en capacité de réformer le pays. Nous n’aurons aucune chance de redresser le pays sans changement profond de l’équilibre de la vie politique. »


 

Pour sortir de la mouise, François Bayrou développe dans son nouvel ouvrage plusieurs thèses, dont l’une est la nécessité de produire davantage. « Les réformes passent notamment par un soutien aux entreprises, et plus particulièrement aux PME, par la stabilisation du droit fiscal et social, l’assouplissement du droit du travail, des investissements pour la reconquête des secteurs abandonnés comme le haut de gamme », explique Deseille. « Il faut redonner à la France une image de marque de production nationale pour que les consommateurs puissent l’identifier grâce à un label  «produit en France». »
Bayrou insiste également sur l’urgence éducative. «  L’Éducation nationale est descendue au-delà du vingtième rang des pays développés », regrette François Deseille. « Or, l’école est la clé de notre avenir comme nation est la clé de l’avenir individuel. » Il faut s’attaquer frontalement à l’échec scolaire en remettant en cause le collège unique. Il faut des moyens garantis dans le long terme, une garantie de transmission des acquis, des pédagogies adaptées aux élèves en difficulté ou en rupture et ceci dès la primaire, relancer le système de soutien à la formation professionnelle, le calme dans la classe, le respect… » C’est comme si c’était fait…
À une période où le gouvernement annonce puis enterre des mesures pour réduire le déficit, à tel point que plus personne ne comprend grand-chose à la stratégie de la bande à Fillon, Deseille analyse ainsi la réflexion de Bayrou : « Depuis 2002, François Bayrou s’insurge contre l’explosion de la dette.

 

En 2007, lors de la campagne présidentielle à laquelle il a fait près de 19 % (ndlr : 18,57 % très exactement), il a fait de la lutte contre la dette le thème principal de son programme. Si seulement il avait été écouté en 2007, la France aujourd’hui ne serait pas dans cette situation lamentable avec des déficits multipliés par quatre depuis 2007 », poursuit le leader centriste en Côte-d’Or. «  En effet, il est normal qu’on puisse emprunter pour investir, pour construire un hôpital, une université, une ligne à grande vitesse… Par contre, ce qui n’est pas normal, c’est que l’on emprunte pour le train de vie de tous les jours, pour fonctionner. »

 

Et pour le MoDem, la réduction du déficit passe par une série de mesures que le gouvernement ne semble pas spécialement pressé de prendre. « Aussi, il faut redresser les finances publiques et cela passe notamment par l’impossibilité pour l’État de présenter, en période de croissance, un budget de fonctionnement en déficit, s’attaquer courageusement aux niches fiscales, augmentation des tranches de l’impôt sur le revenu qui touchent les plus favorisés (tranche supplémentaire de 45 % au lieu de 41% actuellement, tranche extraordinaire de 50 % pour les revenus très élevés), et si nécessaire augmentation de 2 points de la TVA. »
Pour François Deseille, à la sortie de cette lecture, l’évidence s’impose. « La France a besoin d’une véritable politique budgétaire de fond, courageuse, ambitieuse et non de mesures immédiates, commandées par l’actualité immédiate, sans véritable concertation et qui ne donnent très souvent que peu de résultats, largement insuffisants comme les propositions de François Fillon. » On a déjà entendu cela quelque part…

Retrouvez l’article sur la Gazette de Côte-d’Or sur :

http://www.gazette-cotedor.fr/2011/09/21/deseille-decrypte-bayrou/

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